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Codes ISRC, EAN et ISWC : identifier ses enregistrements et ses disques

Labels & vinyle · Publié le 2026-10-27

Pile de vieux disques vinyles dans leurs pochettes usées, étiquettes de labels d'Europe de l'Est visibles
Disques anciens de labels soviétiques et est-allemands. Photographie d'Umberto Cofini, CC0.

Un disque qui sort aujourd'hui circule dans des bases de données avant même d'être pressé : plateformes de streaming, distributeurs, sociétés de gestion collective, radios, bibliothèques. Pour que les ventes, les écoutes et les diffusions soient attribuées au bon enregistrement et au bon ayant droit, chaque élément porte un code. Trois d'entre eux comptent pour un groupe ou un petit label : l'ISRC, l'EAN et l'ISWC. Les confondre est l'une des erreurs les plus fréquentes, et les plus coûteuses, d'une première sortie.

L'ISRC : un code par enregistrement

L'ISRC (International Standard Recording Code) est défini par la norme internationale ISO 3901. Il identifie de façon unique un enregistrement sonore ou audiovisuel. C'est lui qui permet aux plateformes de streaming de compter les écoutes, aux radios de déclarer leurs diffusions et aux sociétés de gestion collective de répartir les droits voisins entre producteurs et artistes-interprètes.

Un ISRC compte douze caractères, répartis en quatre blocs. Prenons un exemple d'écriture, ISRC FR-ZII-92-20350 : un préfixe de deux lettres, ici FR, le code de trois caractères du premier propriétaire de l'enregistrement, ici ZII, les deux derniers chiffres de l'année de référence, ici 92, puis un numéro de cinq chiffres choisi par le titulaire. Depuis la révision de la norme en 2019, le préfixe à deux lettres et le code du titulaire sont considérés ensemble comme un identifiant attribué par une agence ; les deux premières lettres ne désignent donc plus nécessairement le pays de l'enregistrement.

Les règles à retenir

Qui attribue les ISRC en France

La SCPP, société civile des producteurs phonographiques, a été désignée comme agence nationale chargée de promouvoir et d'administrer l'ISRC en France. Un producteur qui veut attribuer lui-même ses codes s'adresse à elle pour obtenir son code de titulaire. Beaucoup de groupes autoproduits et de petits labels passent plus simplement par leur distributeur numérique, qui attribue les ISRC au moment de la mise en ligne. Dans ce cas, notez soigneusement les codes reçus et réutilisez-les pour le pressage physique : c'est le même enregistrement.

L'EAN : le code-barres du produit

L'EAN, aujourd'hui appelé GTIN-13 dans le système international de codification des produits, est le code-barres à treize chiffres imprimé au dos de la pochette. Il identifie un produit commercial, et non un enregistrement : le vinyle d'un album, le CD du même album et sa version en vinyle de couleur sont trois produits différents, donc trois EAN différents, même s'ils contiennent exactement les mêmes enregistrements et donc les mêmes ISRC.

Les codes EAN sont délivrés dans le cadre du système GS1, représenté en France par GS1 France, auprès duquel une entreprise peut obtenir un préfixe et générer ses propres codes. Les distributeurs fournissent souvent des EAN à leurs labels, ce qui évite d'adhérer soi-même. L'essentiel est de ne jamais inventer un code-barres : un EAN fantaisiste peut correspondre au produit d'une autre entreprise et bloquer la vente chez un disquaire ou un distributeur.

Sur un vinyle, prévoyez la place du code-barres dès la maquette de la pochette, et vérifiez sa lisibilité : contraste suffisant, taille minimale recommandée par l'imprimeur, zone blanche autour des barres. Voir notre article sur les étapes du pressage.

L'ISWC : le code de la chanson

L'ISWC (International Standard Musical Work Code) identifie une œuvre musicale, indépendamment de ses enregistrements. Une chanson enregistrée en studio, jouée en concert et reprise par un autre groupe a un seul ISWC, mais autant d'ISRC que d'enregistrements. L'ISWC est attribué par les sociétés d'auteurs lors de la déclaration de l'œuvre ; en France, c'est donc le rôle de la Sacem. Voir notre guide pour déclarer ses chansons à la Sacem.

Et la référence de catalogue ?

La référence de catalogue (par exemple les initiales du label suivies d'un numéro) n'est pas un code normalisé : chaque label la choisit librement. Elle reste très utile pour les disquaires, les collectionneurs et les bases de données discographiques, et elle donne une identité à un catalogue. Une règle simple : un numéro par produit, jamais réattribué, imprimé sur la tranche, la pochette et l'étiquette.

Tableau récapitulatif

CodeIdentifieAttribué parChange quand…
ISRCUn enregistrementLe producteur (agence en France : SCPP), ou le distributeurL'enregistrement change (nouvelle version, nouveau mixage)
EANUn produit venduSystème GS1, ou le distributeurLe produit change (format, couleur, édition)
ISWCUne œuvreLa société d'auteurs (Sacem)Une nouvelle œuvre est créée
CatalogueUne référence du labelLe label lui-mêmeSelon les règles du label

Les métadonnées qui accompagnent les codes

Un code n'a de valeur que s'il est associé à des informations exactes. Pour chaque enregistrement, conservez le titre exact, la durée, le nom de l'artiste tel qu'il apparaît sur le disque, les noms et instruments de tous les musiciens, le producteur, l'année d'enregistrement et les auteurs et compositeurs. Ces informations, transmises au distributeur et aux sociétés de gestion collective, conditionnent la bonne répartition des droits.

Les erreurs fréquentes

  1. Attribuer de nouveaux ISRC au pressage vinyle d'un album déjà en ligne : les écoutes et les diffusions se dispersent entre deux codes.
  2. Utiliser le même EAN pour le vinyle et le CD : les stocks et les ventes se mélangent chez le distributeur.
  3. Oublier de transmettre les ISRC aux radios, aux sociétés de gestion collective et lors du dépôt légal, où ils figurent dans la déclaration.
  4. Ne pas tenir de registre : un simple tableur avec titre, version, durée, ISRC, ISWC et EAN des produits qui contiennent le titre évite la plupart des erreurs.

Sources